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Guide réglementaire complet

Communautés
Énergétiques Citoyennes
pour collectivités

Directive RED II 2018/2001, transposition française Loi APER 2023, statut juridique, partage énergie 2 km, financement collectif : tout ce que votre collectivité doit savoir pour créer ou rejoindre une CEC.

Chiffres clés 2026

1 200+CEC actives en France
30 %éco. sur facture énergie
2 kmrayon partage légal
2023Loi APER transposition

Sommaire

1. Définition & cadre RED II 2. Transposition française 3. Statut juridique 4. Partage énergie 2 km 5. Tarif d'achat groupé 6. Financement collectif 7. Accompagnement Lenergy 8. FAQ élus & DGS
Cadre européen

Qu'est-ce qu'une Communauté Énergétique Citoyenne ?

Introduites par la directive européenne RED II (directive 2018/2001 sur les énergies renouvelables, révisée par RED III en 2023), les communautés énergétiques citoyennes constituent un nouveau paradigme de production et de partage d'énergie locale. Elles permettent à des acteurs publics, privés et citoyens de se regrouper pour produire, partager, stocker et vendre de l'énergie renouvelable, dans un cadre juridique sécurisé.

La définition officielle RED II

L'article 22 de la directive RED II définit la communauté d'énergie renouvelable comme une entité juridique qui remplit simultanément quatre critères cumulatifs :

1

Participation volontaire et ouverte

Toute personne physique ou morale — particulier, entreprise, association, collectivité — doit pouvoir adhérer ou se retirer librement de la communauté, sans discrimination.

2

Contrôle effectif par les membres

Les décisions stratégiques (investissements, tarifs internes, gouvernance) doivent être prises par les membres ou leurs représentants élus, et non par des intérêts commerciaux tiers dominants.

3

Finalité non commerciale principale

L'objectif premier est de fournir des avantages environnementaux, économiques ou sociaux à ses membres ou à la communauté locale — pas de maximiser les profits. Les bénéfices sont réinvestis localement.

4

Membres locaux et proximité géographique

Les membres doivent être situés à proximité des installations de production, dans un périmètre défini par la réglementation nationale (2 km en France pour le partage local).

Deux types de communautés

La réglementation européenne distingue deux formes complémentaires :

Communauté d'Énergie Renouvelable (CER) — Dédiée aux énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique). Régie par la directive RED II. Peut vendre de l'énergie, offrir des services de flexibilité, et bénéficier des tarifs d'achat réglementés.

Communauté Énergétique Citoyenne (CEC) — Plus large, peut inclure l'énergie fossile transitoirement, mais orientée vers la décarbonation. Régie par la directive Electricité 2019/944. En France, les deux concepts convergent dans la Loi APER 2023.

Cadre légal de référence

La directive RED II est transposée en droit français par :
Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (Loi APER — Accélération production énergies renouvelables)
Articles L315-1 et suivants du Code de l'Énergie
Décret n° 2017-676 sur le partage local d'électricité renouvelable

Rôle spécifique des collectivités : Les mairies, intercommunalités, syndicats d'énergie et régions peuvent être membres fondateurs d'une CEC, y apporter du foncier public (toitures de mairies, gymnases, parkings), y souscrire pour leurs propres bâtiments, et copiloter la gouvernance. La Loi 3DS du 21 février 2022 article L2224-32 CGCT leur confère même un droit de préférence pour participer aux projets EnR sur leur territoire.

Droit français

La transposition française pas à pas

La France a complété sa transposition de la directive RED II avec la Loi APER du 10 mars 2023, qui introduit des dispositions nouvelles importantes pour les collectivités, notamment les zones d'accélération des énergies renouvelables.

2015
Loi LTECV — premiers jalons
La Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (Loi n° 2015-992 du 17 août 2015) introduit le concept d'autoconsommation collective. Les EPCI peuvent désormais soutenir les projets citoyens EnR. Objectifs : -40 % GES en 2030 vs 1990, 40 % EnR dans la production électrique en 2030.
2017
Décret partage local — règle du 2 km
Le Décret n° 2017-676 du 28 avril 2017 fixe les règles de l'autoconsommation collective : périmètre de 2 km entre producteurs et consommateurs participants. Les gestionnaires de réseau (Enedis, ELD) sont tenus d'établir les clés de répartition. Premier cadre opérationnel pour le partage EnR en France.
2018
Directive RED II — obligation de transposition
La directive 2018/2001/UE du Parlement européen fixe l'objectif de 32 % d'EnR dans la consommation finale d'énergie en 2030. L'article 22 impose aux États membres de créer un cadre législatif favorable aux communautés d'énergie renouvelable avec délai de transposition au 30 juin 2021.
2019
Loi Énergie-Climat — étape intermédiaire
La Loi n° 2019-1147 du 8 novembre 2019 renforce les objectifs et étend les possibilités d'autoconsommation collective. Elle permet aux collectivités de s'impliquer comme membres d'une opération. Élargissement du périmètre possible par arrêté préfectoral pour les zones rurales ou montagneuses.
2022
Loi 3DS — droit de préférence des collectivités
La Loi n° 2022-217 du 21 février 2022 dite "loi 3DS" (Différenciation, Décentralisation, Déconcentration, Simplification) consacre le droit des collectivités à participer en priorité aux projets EnR sur leur territoire art. L2224-32 CGCT. Elle renforce la compétence des syndicats d'énergie pour animer les CEC.
2023
Loi APER — cadre complet CEC/CER
La Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 sur l'accélération de la production d'énergies renouvelables parachève la transposition. Elle introduit les zones d'accélération EnR définies par les communes, le partage de la valeur avec les riverains, et l'obligation pour les préfets de désigner un référent EnR dans chaque département. Les CEC/CER bénéficient d'un guichet unique simplifié.
2024-2026
Décrets d'application — montée en puissance
Plusieurs décrets d'application précisent les modalités des zones d'accélération, les conditions de tarif d'achat garanti pour les CEC, et les obligations de raccordement prioritaire. Le cadre est désormais complet et opérationnel pour les collectivités souhaitant se lancer.
Montage juridique

Choisir le bon statut juridique

En France, une communauté énergétique citoyenne peut adopter plusieurs formes juridiques, chacune avec ses avantages et contraintes. Le choix dépend de la taille du projet, de la composition des membres, et des objectifs de gouvernance.

Forme juridiqueGouvernanceCapital requisAdaptée si...Limites
SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) Multi-parties prenantes, 1 sociétaire = 1 voix max. 20 % parts salariés Libre (min. symbolique) Projet mixte citoyens + entreprises + collectivités + associations Agrément préfectoral, comptabilité complexe
SAS (Société par Actions Simplifiée) Statuts libres, gouvernance flexible, possibilité d'actions de préférence Libre Projets avec investisseurs institutionnels (Banque des Territoires) Objectif lucratif visible, moins adapté gouvernance citoyenne
Association Loi 1901 AG souveraine, bureau élu, 1 membre = 1 voix Zéro Phase de préfiguration, opération petite échelle, communauté rurale Capacité emprunt limitée, pas d'émission de titres
Syndicat d'Énergie (SDE) ou Syndicat Mixte Délégués des collectivités membres, règles marchés publics Non applicable Collectivités avec syndicat d'énergie existant (SDE) souhaitant agir à l'échelle départementale Gouvernance plus lourde, délais marchés publics
SARL ou SA coopérative Gérant(s) + associés, SARL coopérative possible Variable Projets de taille intermédiaire, moins de parties prenantes Moins ouvert que SCIC aux multi-parties

Recommandation Lenergy SMART : Pour la grande majorité des projets portés par des collectivités (mairie + citoyens + quelques entreprises locales), la SCIC est la forme la plus adaptée. Elle garantit une gouvernance démocratique multi-parties, un agrément solidité, et une reconnaissance institutionnelle qui facilite l'accès aux financements publics (Banque des Territoires, ADEME, Fonds Vert).

Obligations légales communes à toutes formes

📝

Déclaration auprès du gestionnaire de réseau

Toute opération d'autoconsommation collective doit être déclarée auprès d'Enedis (ou ELD locale). Le gestionnaire établit les clés de répartition mensuelles entre producteurs et consommateurs membres art. L315-2 Code Énergie.

📊

Convention de partage

Un contrat de partage doit être signé entre tous les membres. Il précise les clés de répartition de l'énergie produite, les modalités de paiement, et les règles de sortie. Lenergy SMART dispose de templates contractuels validés par des juristes spécialisés.

🔗

Autorisation d'urbanisme

Les installations de production (panneaux solaires sur bâtiments publics, ombrières) nécessitent selon les cas une déclaration préalable ou un permis de construire. Les ZPPAUP et secteurs sauvegardés imposent des contraintes architecturales spécifiques.

Règle du 2 km

Le partage d'énergie dans le périmètre légal de 2 km

Le Décret n° 2017-676 et ses évolutions fixent le périmètre de partage à 2 km entre le point de livraison du producteur et le point de livraison du consommateur, mesurés via le réseau électrique (distance physique au fil du réseau, pas à vol d'oiseau).

Fonctionnement technique du partage

Le partage d'énergie repose sur un mécanisme dit de "autoconsommation collective". L'énergie produite est injectée sur le réseau public de distribution (RPD). Les consommateurs membres bénéficient d'une réduction sur leur facture proportionnelle à leur clé de répartition, en temps réel, via les compteurs Linky communicants.

1

Production solaire ou éolienne locale

Les panneaux photovoltaïques installés sur des toitures publiques (mairie, école, gymnase) ou des ombrières de parking injectent l'énergie produite dans le réseau.

2

Comptage Enedis en temps réel

Enedis mesure en continu la production et les consommations des membres via les compteurs communicants Linky (télérelevé toutes les 30 minutes). Les données alimentent le système de répartition.

3

Application des clés de répartition

Chaque mois, Enedis applique les clés définies par la convention de partage. Les membres reçoivent un crédit sur leur facture pour l'énergie locale consommée, défalquée du tarif réseau standard.

4

Surplus vendu au tarif réglementé OA

L'énergie produite non consommée par les membres est vendue au réseau national au tarif d'obligation d'achat (OA) fixé par la CRE. Ce surplus génère des revenus complémentaires pour la communauté.

Dérogations au périmètre 2 km

La Loi APER 2023 et les décrets d'application prévoient des possibilités d'élargissement du périmètre dans certaines conditions :

  • Zones rurales : périmètre pouvant être étendu à 10 km sur arrêté préfectoral justifié par la faible densité ou l'isolement réseau
  • Zones d'accélération EnR : dans les périmètres désignés par les communes en 2024, le partage peut être étendu à l'échelle de la commune entière
  • Réseau BT long : si le point de raccordement est éloigné du centre bourg, la distance réseau peut être plus longue que la distance physique
  • Communautés virtuelles : en cours de réglementation pour les espaces portuaires et zones industrielles

Ce que le réseau public de distribution permet

Le gestionnaire de réseau Enedis (ou ELD) reste le tiers de confiance. Il :

  • Valide la conformité des périmètres géographiques
  • Gère les raccordements des producteurs et consommateurs
  • Calcule et applique les allocations mensuelles
  • Fournit les données de production/consommation en open data agrégé
  • Garantit la continuité d'alimentation même si la production est insuffisante
Modèle économique

Tarif d'achat groupé et économies sur facture

L'un des principaux avantages des communautés énergétiques citoyennes est la capacité à acheter l'énergie collectivement à des tarifs préférentiels, et à faire bénéficier les membres d'une économie significative sur leur facture.

Les trois sources d'économie pour les membres

A

Crédit autoconsommation locale

Pour chaque kWh produit localement et consommé par un membre, le crédit est typiquement de 0,06 à 0,10 €/kWh (différence entre le tarif réseau standard ~0,18 €/kWh et le coût d'acheminement réseau réduit de 40 % pour l'autoconsommation collective). Sur une collectivité avec 50 000 kWh/an consommés localement, cela représente 3 000 à 5 000 € d'économies annuelles.

B

Achat groupé auprès des fournisseurs

En regroupant les demandes d'achat d'énergie verte pour l'ensemble des membres, la CEC négocie des contrats d'approvisionnement avec des offres 100 % renouvelables à des prix préférentiels, généralement 5 à 15 % inférieurs aux tarifs individuels. Le fournisseur agrée CEC dispose d'obligations spécifiques (CRE 2024).

C

Partage des revenus de surplus

L'énergie produite non autoconsommée est vendue au tarif OA (obligation d'achat) de la CRE. En 2026, ce tarif est de 0,0673 €/kWh pour le photovoltaïque ≤ 9 kWc, et peut aller jusqu'à 0,134 €/kWh pour les petites installations avec bonifications. Les revenus sont redistribués aux membres selon les statuts de la communauté.

Simulation financière — commune 5 000 habitants

ParamètreValeur
Installation solaire toitures publiques100 kWc
Production annuelle estimée100 000 kWh/an
Autoconsommation collective (60 %)60 000 kWh
Surplus vendu réseau (40 %)40 000 kWh
Économies autoconsommation4 800 €/an
Revenus surplus OA2 692 €/an
Total bénéfice annuel7 492 €/an
Investissement moyen (100 kWc)80 000 €
Retour sur investissement~11 ans (avec aides)

Simulation basée sur gisement solaire moyen France métropolitaine 1 000 kWh/kWc. Avec DSIL + DETR, la part publique est ramenée à 30-40 % du coût total.

Ingénierie financière

Financement collectif des projets CEC

Les communautés énergétiques bénéficient d'un écosystème de financement spécifique, combinant subventions publiques, obligations citoyennes, prêts participatifs et mécanismes fiscaux incitatifs.

🏢

Fonds Vert & DSIL

Le Fonds Vert (2 Md€/an depuis 2023) finance les projets EnR portés par des collectivités locales à hauteur de 40 à 80 % de l'investissement. La DSIL complète pour les équipements structurants. Les deux fonds sont cumulables sous conditions.

🍽

Obligations citoyennes locales

La Loi APER 2023 introduit le droit pour les porteurs de projets EnR d'émettre des obligations ou actions au profit des habitants et communes du territoire. Les collectivités riveraines et les citoyens locaux peuvent investir directement et bénéficier d'une réduction d'impôt (IR-PME jusqu'à 25 %).

🏭

Prêts participatifs ADEME

L'ADEME propose via ses partenaires bancaires des prêts participatifs dédiés aux projets citoyens EnR, avec des taux bonifiés pour les structures coopératives (SCIC, SAS citoyenne). Durée jusqu'à 15 ans, franchise intérêts possible les 2 premières années.

🌟

Banque des Territoires (Caisse des Dépôts)

La Banque des Territoires intervient en fonds propres ou quasi-fonds propres dans les SCIC et SAS citoyennes, jusqu'à 30 % du capital. Son engagement renforce la solidité financière et facilite l'accès au crédit bancaire classique à hauteur de 60-70 % du besoin résiduel.

📈

Certificats d'Économies d'Énergie (CEE)

Les travaux d'efficacité énergétique financés par la CEC (isolation des bâtiments communaux, LED, régulation thermique) génèrent des CEE valorisables auprès des obligés (fournisseurs d'énergie). Valeur actuelle : 4 à 7 €/MWh Cumac selon la filière.

Crowdfunding EnR réglementé

Les plateformes de financement participatif agréées CIP (Conseiller en Investissements Participatifs) permettent de lever 1 à 5 millions d'euros auprès de particuliers, avec une exonération fiscale spécifique pour les projets EnR locaux. La collectivité peut co-garantir l'emprunt.

Montage financier type pour 500 kWc municipal : Fonds Vert 40 % (320 000 €) + CEE 10 % (80 000 €) + Prêt Banque des Territoires 35 % (280 000 €) + Obligations citoyennes 10 % (80 000 €) + Fonds propres SCIC 5 % (40 000 €) = 800 000 € levés pour une mise de fonds collectivité quasi nulle.

Notre offre

L'accompagnement Lenergy SMART

De la phase d'étude de faisabilité jusqu'au suivi de production en exploitation, Lenergy SMART propose un accompagnement complet clé en main pour les collectivités souhaitant créer ou rejoindre une communauté énergétique.

1

Audit territorial et étude de potentiel

Analyse du gisement solaire sur les toitures publiques via imagerie satellite et données Copernicus. Cartographie des consommateurs éligibles dans un rayon de 2 km. Identification des producteurs potentiels (particuliers, entreprises). Livrable : rapport de potentiel en 3 semaines.

2

Montage juridique et gouvernance

Choix de la forme juridique adaptée (SCIC recommandée), rédaction des statuts, mise en place des organes de gouvernance. Interface avec le préfet pour l'agrément SCIC. Accompagnement des premières assemblées générales constitutives.

3

Ingénierie financière

Construction du plan de financement optimal (DSIL + DETR + Fonds Vert + CEE + Banque des Territoires). Rédaction des dossiers de subvention. Accompagnement de la levée en financement participatif si souhaitée.

4

Installation et raccordement

Fourniture et installation des équipements de production (panneaux solaires, micro-onduleurs, monitoring). Gestion du raccordement Enedis / ELD locale. Déclaration auprès du gestionnaire de réseau. Mise en service et tests de conformité.

5

Animation et suivi

Tableau de bord en ligne accessible à tous les membres (production, consommation, économies réalisées, CO₂ évité). Rapport mensuel automatique aux membres. Assistance à la communication citoyenne. Accompagnement des assemblées générales annuelles.

Notre engagement collectivités

Lenergy SMART s'engage auprès des collectivités sur 4 piliers fondamentaux :

  • Souveraineté des données : 100 % hébergement français, aucune donnée transmise à des tiers commerciaux
  • Neutralité fournisseur : nos recommandations ne dépendent d'aucune obligation commerciale envers un fournisseur d'énergie spécifique
  • Transparence tarifaire : nos honoraires sont intégralement documentés dans l'acte de mission, sans rémunération cachée sur l'énergie
  • Réversibilité : toute la documentation technique, juridique et financière est transmise à la collectivité pour assurer la continuité si elle change de prestataire

Avantages pour la collectivité

  • Économies sur factures bâtiments publics
  • Image innovante et engagée
  • Revenus loyer toitures
  • Contribution PCAET chiffrée
  • Animation économie locale
  • Foncier public valorisé

Points de vigilance

  • Montage juridique à ne pas improviser
  • Engagement long terme (15-25 ans)
  • Coordination nécessaire avec Enedis
  • Gouvernance à animer régulièrement
  • Risque météorologique résiduel
Questions & Réponses

FAQ élus, DGS et DST

Les questions les plus fréquentes posées par les maires, directeurs généraux et directeurs des services techniques lors de nos permanences territoriales.

Notre commune est trop petite pour créer une CEC. Que faire ?+
Pas du tout. Les communes rurales de moins de 2 000 habitants sont même parmi les meilleures candidates aux CEC, car elles disposent souvent de foncier public disponible (toitures, parkings), d'une communauté locale soudée, et d'un tissu de TPE locales prêtes à s'engager. De plus, elles bénéficient de la DETR (communes rurales < 20 000 habitants) qui peut financer jusqu'à 60 % de l'investissement. Plusieurs communes peuvent aussi mutualiser leurs efforts en créant une CEC intercommunale portée par l'EPCI.
La commune doit-elle être propriétaire des panneaux solaires ?+
Non. Plusieurs modèles sont possibles. Dans la formule la plus répandue, la commune met à disposition ses toitures via un bail emphytéotique ou une convention de mise à disposition. La SCIC CEC est propriétaire des panneaux et assume l'investissement. La commune perçoit un loyer annuel et bénéficie d'une part de l'énergie produite pour ses propres besoins. Ce modèle permet à la collectivité de ne porter aucun risque financier tout en bénéficiant des économies d'énergie.
La CEC est-elle soumise aux règles de la commande publique ?+
Si la commune est membre de la CEC mais n'en est pas l'entité adjudicatrice, les achats de la CEC (équipements, maintenance) ne sont pas soumis au Code de la Commande Publique. En revanche, si c'est un syndicat mixte ou une régie municipale qui porte l'opération, les seuils marchés s'appliquent (MAPA au-dessus de 40 000 € HT, AO formalisé au-dessus de 5,538 M€ HT pour les travaux). Lenergy SMART accompagne la collectivité dans le choix du montage pour éviter toute contrainte procédurale superflue.
Que se passe-t-il si un membre veut quitter la CEC ?+
Les statuts de la SCIC ou de la structure choisie prévoient les conditions de sortie : préavis, valeur de rachat des parts, obligations résiduelles. La sortie d'un membre ne remet pas en cause la CEC dans son ensemble. La convention avec Enedis devra être mise à jour pour retirer le point de livraison du sortant du périmètre d'autoconsommation collective. Un délai minimum de 3 à 6 mois est généralement nécessaire pour les démarches techniques auprès du gestionnaire de réseau.
L'IFER solaire impacte-t-elle les revenus de la CEC ?+
L'IFER (Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux) s'applique aux installations solaires de plus de 100 kWc à compter de 2024 (7,12 €/kW installé/an, article 1519 F CGI). Pour une installation de 500 kWc, cela représente 3 560 €/an. Cette charge est assumée par la CEC, pas directement par les membres, et est intégrée dans le plan de financement. Les installations < 100 kWc en sont exemptées, ce qui favorise les petites CEC rurales. Attention : la collectivité territoriale perçoit une fraction de l'IFER au titre de la taxe locale sur les EnR, ce qui peut représenter un revenu fiscal complémentaire intéressant.
Comment s'articule la CEC avec le PCAET de l'EPCI ?+
La CEC est un outil opérationnel idéal pour l'axe "développement des EnR" du PCAET. Ses résultats (kWh produits localement, CO₂ évité, membres impliqués) s'intègrent directement dans les indicateurs de suivi du PCAET exigés par l'article L229-26 du Code de l'Environnement. L'EPCI peut même déléguer l'animation de sa stratégie EnR citoyenne à la CEC, dans le cadre d'une convention de partenariat. Lenergy SMART peut établir le lien entre les indicateurs CEC et le référentiel de suivi PCAET de l'ADEME.
Quels sont les délais réalistes de mise en oeuvre ?+
De la décision politique à la première production d'énergie, comptez en moyenne 18 à 24 mois pour un projet solaire de taille intermédiaire (100 à 500 kWc). Décomposition : étude de faisabilité (2-3 mois), montage juridique et statuts (3-4 mois), dépôt et instruction des dossiers de subvention (6-12 mois selon les collectivités), instruction permis de construire si nécessaire (3-6 mois), travaux d'installation (2-4 mois), raccordement Enedis et mise en service (2-4 mois). Les zones d'accélération EnR définies par la commune (Loi APER 2023) permettent d'accélérer les phases d'instruction administrative de 30 à 50 %.
Existe-t-il des obligations de transparence vis-à-vis des citoyens membres ?+
Oui. La SCIC, comme toute société coopérative, est soumise à des obligations de transparence renforcées : rapport annuel d'activité et financier présenté en AG, comptes certifiés par un commissaire aux comptes dès 3,1 M€ de bilan ou 1,55 M€ de CA, publication des conventions passées avec des entreprises liées. De plus, la Loi APER 2023 impose que les communautés EnR publient leurs données de production et de partage sur une plateforme accessible aux membres. Lenergy SMART fournit un portail web dédié avec tableau de bord en temps réel pour chaque CEC accompagnée.
Référentiel juridique

Conformité réglementaire complète

Code de l'Énergie

Articles L315-1 à L315-8 : autoconsommation individuelle et collective. Articles L211-1 et suivants : cadre des EnR. Article L446-1 : tarif d'achat réglementé pour l'injection sur réseau. Votre CEC doit être conforme à l'ensemble de ces dispositions.

Code de l'Urbanisme

Articles L421-1 et suivants : régime des autorisations d'urbanisme. Les installations solaires en toiture > 20 m² de panneaux nécessitent une déclaration préalable. Les ombrières > 500 m² et les centrales au sol nécessitent un permis de construire avec notice d'impact visuel.

Règlement SEQE-UE

Les crédits carbone générés par une CEC peuvent être comptabilisés dans le bilan GES territorial. La méthodologie Bilan Carbone de l'ADEME permet d'intégrer les kWh d'EnR locale dans le facteur d'émission résiduel du territoire.

NIS2 et cybersécurité

La directive NIS2 (transposée en France en 2024) inclut les opérateurs de réseaux d'énergie dans son périmètre. Les systèmes de monitoring des CEC doivent respecter les exigences minimales de sécurité informatique de l'ANSSI, notamment pour les installations > 1 MWc.

RGPD et données de consommation

Les données de consommation électrique des membres sont des données personnelles au sens du RGPD. La CEC doit désigner un DPO si elle traite des données de plus de 250 membres en continu. La convention avec Enedis précise le cadre de traitement des données Linky.

Normes électriques

Les installations de production doivent respecter la norme NF C 15-100 pour les installations intérieures, la norme NF EN 62446 pour les systèmes photovoltaïques, et le schéma de raccordement défini par le gestionnaire de réseau (DTR Enedis 2024).

Votre collectivité prête à créer sa communauté énergétique ?

Lenergy SMART vous accompagne de l'étude de faisabilité à l'exploitation, avec un financement Fonds Vert jusqu'à 80 %. Premier diagnostic territorial offert, sans engagement.